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mai 25

Erfan Djahangiri, un guerrier du tennis venu des astres

Par : Pierre-Alain Schlosser – 24 Heures 25.05.2009

Il porte le nom d’un gladiateur venu tout droit d’une galaxie lointaine. D’un combattant prêt à libérer la planète de ses envahisseurs. «Mon nom de famille signifie «un guerrier» et mon prénom «qui vient des astres», révèle Erfan Djahangiri, le regard pétillant.

L’entraîneur de la tenniswoman Timea Bacsinszky est pourtant loin d’être un belliqueux primaire. Au contraire, cet Iranien d’origine, né à Téhéran il y a trente ans, s’affiche gentleman authentique, amateur de littérature. Ses lectures de prédilection? «Tout, de Dürrenmatt à… James Blake, en passant par des ouvrages de psychologie. » Erfan Djahangiri possède le profil du sportif doué à la tête bien faite. Ainsi a-t-il bouclé ses études en économie aux Etats-Unis, tout en jouant quatre années durant au tennis pour la célèbre Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Ce gentil «mogwai» peut toutefois facilement se transformer en un terrible «gremlin». Ce qui le révolte au plus haut point? L’irrespect. «Souvent les gens se plaignent de leurs petits malheurs personnels. Ou alors, ils oublient de dire merci. Ces comportements me gênent profondément. Je ne supporte pas qu’un jeune manque de respect et de savoir-vivre. »

Ces valeurs lui ont été inculquées depuis qu’il est tout petit. Son histoire personnelle est intimement liée à l’exil de sa famille. Une histoire marquée par le conflit irano-irakien. Lorsque la guerre entre les deux frères ennemis du Proche-Orient devient inéluctable, ses parents – qui ne sont pas des réfugiés politiques – décident de partir à la conquête du rêve américain. Erfan Djahangiri n’est alors qu’un bébé de 6 mois. «Mon père travaillait dans le génie civil. Il se déplaçait périodiquement à Los Angeles et avait décidé d’y emmener toute sa famille. Mais avant d’obtenir notre carte de séjour nous avons transité par Saint-Sulpice. Mes parents sont tombés sous le charme de la région. Et malgré l’obtention de la fameuse green card, ils ont décidé de s’installer dans le canton de Vaud. » Et l’Iran? «Nous projetons d’y retourner tous ensemble un jour pour rendre visite à tous ceux que nous avons laissés là-bas. »

Si le tennis lui a permis d’obtenir une bourse pour financer ses études, Erfan Djahangiri vit aujourd’hui son métier d’entraîneur comme une passion. «J’exerce le plus beau des métiers. Gagner de l’argent n’a jamais été un moteur. J’éprouve un plaisir fou à entraîner Timea. Lorsque je me lève le matin, je suis content d’aller travailler. Je ne compte jamais mes heures. »

Que pense Timea Bacsinszky de son entraîneur. La joueuse de 20 ans le décrit comme un modèle: «C’est le genre de personne à laquelle j’aimerais ressembler un jour. C’est un homme d’une grande modestie. Il a joué avec les meilleurs tennismen du monde. Il a même battu Sampras lors d’un set d’entraînement. Dernièrement, lors d’un tournoi à Los Angeles, nous avons rencontré certains de ses amis de l’Université. L’un d’eux m’a raconté que lors d’un match, la balle de son adversaire avait frappé la bande du filet et rebondi juste devant lui. Il ne lui restait plus qu’à smasher pour gagner le point. Mais comme le coup lui semblait trop facile, il s’est arrêté et a saisi la balle de la main. »

Après avoir croisé la raquette de Federer et de Sampras, Erfan Djahangiri a donc choisi de s’occuper de Timea Bacsinszky. Une joueuse qu’il encadre et qu’il conseille depuis 2004. «Le plus drôle, c’est que j’ai pris mes premiers cours de tennis avec Igor, le papa de Timea, quand j’avais 6 ans. Au début de notre relation, je devais m’occuper d’elle tout au long de l’année, alors que Heinz Günthardt la coachait entre six et huit semaines. Mais très vite, je suis devenu son unique entraîneur. »

Si aujourd’hui Timea connaît une bonne notoriété, Erfan Djahangiri reste totalement dans son ombre. «Rester en retrait ne me dérange pas. Je suis quelqu’un de très discret qui aime être un peu à l’écart. Je n’éprouve pas non plus le besoin d’être félicité. La gloriole, très peu pour moi. Quand un jeune ou un de ses parents vient me dire merci, cela me suffit amplement. »

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