Par : Bernard Chappuis – 24 Heures
LITTERATURE : Avec son premier roman, l’enseignant vaudois Patrick Didisheim garde la main
A 56 ans, Patrick Didisheim publie son premier roman dont le titre rappelle la grande époque de la Série noire: Poker Blues. Dans ce conte contemporain à l’ambiance road-trip, le résident de Crissier utilise sa passion du jeu comme métaphore de l’état du monde. Grand voyageur, photographe, enseignant d’économie, de droit et de mathématiques au Gymnase de Beaulieu, il est aussi connu dans le milieu du tennis. Ancien sociétaire du Stade-Lausanne en LNA, il a pris part à des tournois satellites aux Etats-Unis avant de devenir entraîneur des cadres nationaux juniors.
Revenons au récit. Six millionième lecteur de la revue Expéditions, Erik Delvi est l’heureux bénéficiaire d’un billet d’avion pour les Etats-Unis. Ce Renanais (même si le nom de la cité n’apparaît jamais) se retrouve à Los Angeles avec une valise qui ne lui appartient pas mais dont il connaît le propriétaire. Et découvre qu’elle contient 1 million de dollars. Alors qu’il la restitue, un certain Tony Ruffatti lui propose un étrange marché: prendre du bon temps à Las Vegas. La seule condition? Transférer ponctuellement des versements à une banque jusqu’à concurrence de 900 000 francs. Erik Delvi possède donc 100 000 francs devant lui afin d’expérimenter une maxime du monde du jeu: «Chacun y trouve son compte, le gagnant peut invoquer son mérite, le perdant sa malchance.» Erik va surtout éviter d’endosser le rôle du pigeon.
Patrick Didisheim se sert de l’intrigue policière comme d’un fil rouge pour observer les individus dans leurs milieux. Et sa description minutieuse des lieux (les aéroports, les casinos de Las Vegas, les quartiers cubains de Miami, le cœur de Renens) rejoint de fait sa passion pour la photographie. «Effectivement, j’ai parfois écrit avec une photo sous les yeux. J’aime rendre les ambiances. Quand je voyage, j’essaie de capter des détails ou des points de vue inattendus avec l’appareil photo. Un peu comme l’angle original sous lequel j’essaie de décrire le monde du jeu, qui est en fait le reflet du monde tout court.»
Le roman, jamais dénué d’humour, en devient passionnant. Et qui, sans être autobiographique, témoigne du vécu de l’auteur voyageur. Il est du reste lui-même joueur. «J’ai fait quelques tournois, joué aux tables… Pas aux tarifs reportés dans le livre! J’ai surtout participé à de nombreux tournois internationaux de Backgammon dont les mondiaux de Monte Carlo (quatre fois dans les prix).» Au-delà de cette parution, pour demeurer dans le vocabulaire du poker, Didier Didisheim a désormais son «ticket» dans le monde de la littérature.





























































